“Le château d´Acquigny est parfait, Acquigny est à la taille de l´homme.
Bâti en forme d´A, par gaité, il fut l´œuvre d´un architecte ingénieux et subtil.
Il ouvre ses deux ailes modiques juste à l´endroit qu´il faut pour avoir du champ
et être préservé des folies de la rivière.”
Jean de La Varende.

Le château de l'amour

Le château renaissance fut construit à partir de 1557 par Anne de Montmorency Laval, cousine du roi de France Henri II et proche de la reine Catherine de Médicis. Elle voulut que l´architecte, Philibert de l´Orme, s´inspire de son amour éternel pour son défunt époux, Louis de Silly, Seigneur de La Roche-Guyon et construise sa demeure sur le plan de leurs quatre initiales entrelacées A.L.L.S, origine d´un plan complexe et d´une construction originale d´une rare élégance centrée sur une gracieuse tourelle à double loggias reposant sur une trompe en forme de coquille Saint Jacques.

La façade d´honneur est revêtue de nombreux éléments décoratifs qui célèbrent cet amour exceptionnel : mains entrelacées symbolisant la fidélité conjugale, lierre se mêlant aux branches de chêne, symboles de l´attachement et de la solidité de l´amour qui perdurent au-delà du temps.

En 1656, Claude le Roux de Cambremont parlementaire normand –conseiller au Parlement de Normandie, aïeul des actuels propriétaires, acheta le château, où l´harmonie des proportions, la sobriété du décor annoncent le classicisme, à la Duchesse de Longueville, frondeuse réhabilitée à la Cour.

Au 18ème siècle, le Président d´Acquigny, intrépide bâtisseur, fit agrandir le château en prolongeant les deux corps de bâtiments de constructions légères surmontées de balustres s´associant harmonieusement à l’édifice originel comme pour en agrandir ou épanouir ses ailes accueillantes. Dans l´une d´elle, le salon du midi a été restauré permettant aux visiteurs de découvrir des objets normands ou familiaux et de repartir accompagnés d´un souvenir.

Depuis plus de 350 ans, les Le Roux d´Esneval, très ancienne et puissante famille normande, sont les maîtres des lieux et l´actuel propriétaire en restaurant ce château et son parc classés aux Monuments Historiques a transmis à ses enfants l´amour du patrimoine pour perpétuer la continuité familiale et ouvert le parc afin de faire partager aux visiteurs l´émotion et la beauté qui se dégagent de ce très rare et bel ensemble, havre de paix et de bonheur où il fait bon rêver.

 

L’Ermitage, une Architecture typiquement française

Le Président d´Acquigny, homme de grande piété et intrépide bâtisseur, après avoir reconstruit et embelli l´église d´Acquigny ainsi que de nombreuses églises en Normandie, désira terminer sa vie en suivant dans sa plus stricte observance la règle de la Grande Trappe. Il fit bâtir cet ermitage, connu pour être le plus grand ermitage privé de France. D’une architecture sobre et harmonieuse typiquement française où le jeu des couleurs –ardoise bleue, brique rose, pierre blanche - et la symétrie jouent un rôle essentiel dans la beauté et l´équilibre qui se dégagent de ce monument historique qu’il avait voulu conforme au style de vie qu’il avait choisi.

L’Ancien pressoir

L´Ancien Pressoir tient son nom de la découverte, lors des travaux de réhabilitation des anciennes écuries disparues, de traces de fondation d’un pressoir datant du Moyen-âge. Cette partie centrale des communs, remaniée et embellie d’un oeil de boeuf couvert de plomb par le Président d’Acquigny au XVIIIème siècle vient d’être restaurée permettant ainsi d’accueillir les groupes scolaires et des séminaires. Cette imposante salle est surplombée d´une magnifique charpente de chêne du XVIIème siècle reposant sur des murs qui réunissent tous les différents types de constructions normandes : briques, pierres de taille, moellons et colombages. Quelques outils anciens ainsi que des coupes des différentes essences d´arbres qui se trouvent dans le parc y sont exposés dans des vitrines.

De la prison royale à la chaumière

Au cours de la promenade tout au long de ce parc romantique les nombreux bâtiments, tous classés aux Monuments Historiques, montrent l´importance du domaine du château d´Acquigny.
La partie centrale des communs est encadrée par l´ancienne prison royale et un pavillon de garde, anciennes tours modifiées au début du XVIIème siècle. Ces deux corps de bâtiment appartenaient au système de défense de l´ancien château fort, refuge des partisans de Charles de Navarre, qui a été pris d´assaut par Jean Bureau de La Rivière après la bataille de Cocherel et détruit sur ordre de Charles V en 1378 ainsi que le raconte Froissart dans ses Chroniques.
Dans le sous-bois apparaît la silhouette de la chapelle Saint Mauxe, une tour du XIVème siècle protégeant désormais le Christ du cloître de l’ancien prieuré situé sur le site de l’actuel cimetière du village enclavé dans le parc, une chaumière du XVIIIème siècle avec ses iris et sedums sur le faîtage.

L´Eglise Sainte Cécile

L´Eglise d´Acquigny qui remontait à la seconde moitié du XVIème siècle a été entièrement reconstruite par Pierre-Robert Le Roux d´Esneval, Président à mortier au Parlement de Normandie, connu sous le nom de Président d´Acquigny. La façade, de style néo-classique, a été réalisée par Charles Thibault, architecte rouennais filleul de Monsieur d’Acquigny.
L´ornementation intérieure de style rocaille présente un caractère d’une unité et d’une richesse exceptionnelle inhabituelle dans les églises de village.
La place de l´Eglise, encadrée au XVIIIème siècle par l´ancien presbytère, la maison des frères, l´école de garçons, la maison des sœurs et les communs du château avec en retour sur l´allée de l´Eglise, l´école des filles ainsi que le mur de brique rose de l´orangerie forment un très bel ensemble de corps de bâtiments construits à la demande du Président d’Acquigny. L´église se visite les samedis après-midi de 15 à 17h de juin au troisième week-ends de septembre. Pour plus de renseignements, consulter le site internet de l´Association "les Amis de l´église Sainte Cécile d´Acquigny".